Rappeler un rendez-vous, confirmer une intervention, prévenir d’un retard : le SMS envoyé depuis le standard est lu vite et répond à des besoins concrets. Mais le même canal sert à la prospection, et là les règles changent : consentement, identification, moyen de refuser. Cet article distingue les deux familles de messages, détaille le cadre en vigueur au 25 octobre 2026 et propose une checklist de mise en place.

Ce qu’un standard sait envoyer par SMS

Les standards hébergés et les CRM couplés à la téléphonie savent déclencher un SMS à partir d’un événement : un rendez-vous créé, un appel manqué, un ticket clôturé. Les usages les plus répandus en PME tiennent en cinq familles. Le rappel de rendez-vous, envoyé la veille, avec possibilité de confirmer. La confirmation d’une commande, d’une intervention ou d’une réservation, avec la référence et l’heure. L’information de suivi : technicien en route, colis prêt, dossier traité. Le message après appel manqué, qui indique à l’appelant que vous avez vu son appel et quand vous le rappellerez. L’enquête de satisfaction en une question après une prestation.

S’y ajoute le lien de paiement, pratique mais à manier avec précaution, car les SMS frauduleux imitent précisément ce type de message : un lien de paiement ne s’envoie qu’à un client qui l’attend, depuis un expéditeur qu’il connaît, jamais à froid. La conformité se joue ensuite sur un point : le même outil sert au rappel de rendez-vous et à la promotion, et le droit ne les traite pas de la même façon. Si vos SMS doivent se raccorder à votre base clients, notre article sur l’intégration de la téléphonie au CRM décrit le socle technique.

Message de service ou prospection : la distinction qui change tout

La CNIL distingue, dans sa fiche du 10 juin 2026 sur les communications électroniques aux prospects et clients, trois catégories de messages. Les messages transactionnels sont nécessaires à l’exécution d’un contrat ou d’un service demandé : confirmation de commande, facture, notification d’expédition, alerte de compte. Leur base légale est en principe l’exécution du contrat ; ils ne requièrent pas de consentement préalable. Les messages relationnels s’adressent aux clients pour le suivi de la relation, sans finalité promotionnelle directe ; ils reposent en principe sur l’intérêt légitime, à condition de rester raisonnables en fréquence, et les personnes doivent pouvoir s’y opposer. Les messages de prospection commerciale, enfin, visent à promouvoir des produits, des services ou l’image de l’entreprise : ils relèvent de l’article L34-5 du code des postes et des communications électroniques et, pour les particuliers, du consentement préalable.

Un rappel de rendez-vous, une confirmation d’intervention ou un message après appel manqué entrent dans les deux premières catégories. Mais la CNIL prévient : un message transactionnel ou relationnel qui contient un contenu promotionnel significatif peut être requalifié en prospection. Le rappel de rendez-vous qui se termine par une offre change donc de régime, et tout le message doit alors respecter les règles de la prospection.

À retenir : un SMS de service (rappel, confirmation, suivi) ne demande pas de consentement préalable ; dès qu’il contient une promotion, il devient un SMS de prospection soumis à l’article L34-5 du CPCE, donc au consentement préalable des particuliers.

Prospection par SMS : consentement, exceptions et mentions obligatoires

Pour les particuliers, la prospection par SMS n’est possible que si la personne a donné son consentement avant d’être démarchée : un consentement libre, spécifique, éclairé et univoque, exprimé par un acte positif, une case à cocher non précochée par exemple ; l’acceptation de conditions générales ne suffit pas. La CNIL admet une exception : la personne est déjà cliente et la prospection concerne des produits ou services similaires fournis par la même entreprise. Elle précise que cette exception ne joue pas si aucune vente ni prestation n’a eu lieu, même si la personne a créé un compte en ligne.

Pour les professionnels, le consentement préalable n’est pas exigé lorsque l’objet de la sollicitation est en rapport avec la profession de la personne : il faut l’avoir informée que ses coordonnées pourront servir à la prospection et lui permettre de s’y opposer. Dans tous les cas, chaque message doit permettre d’identifier l’organisme qui l’émet et de refuser de nouvelles sollicitations par un moyen simple.

Usage du SMSCatégorieConsentement préalable d’un particulierMentions à prévoir
Rappel ou confirmation de rendez-vous, d’intervention, de commandeTransactionnelNonNom de l’entreprise, référence, moyen de réponse
Message après appel manqué, suivi de dossierRelationnelNon (intérêt légitime, fréquence raisonnable)Nom de l’entreprise, possibilité de s’opposer
Enquête de satisfaction après prestationRelationnel, sauf contenu promotionnelNon si le message ne contient aucune promotionNom de l’entreprise, moyen d’opposition
Offre, promotion, lancement d’un serviceProspectionOui, sauf client existant et produits similairesIdentité de l’annonceur, moyen simple de refuser (STOP)
Offre adressée à un professionnel pour son activitéProspection B2BNon : information préalable et droit d’oppositionIdentité, origine des données, STOP

Horaires, expéditeur, STOP et 33700 : ce qui est écrit et ce qui ne l’est pas

L’Arcep indique qu’en répondant « STOP » à un SMS indésirable, le destinataire bloque les messages venant de ce numéro, sans facturation, et qu’en répondant « CONTACT » il obtient les coordonnées du service client de l’expéditeur. La CNIL ajoute que l’expéditeur doit confirmer la prise en compte de la demande et supprimer les coordonnées de ses fichiers. Votre plateforme doit donc traiter les réponses STOP automatiquement et répercuter l’opposition dans le CRM, faute de quoi le message suivant partira malgré le refus.

Sur les horaires, la précision s’impose. Le décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026 encadre les appels de démarchage vers les consommateurs : du lundi au vendredi, hors jours fériés, de 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h, et au plus quatre sollicitations par période de trente jours. Ce texte vise le démarchage par voie téléphonique, c’est-à-dire les appels ; ni l’article L34-5 ni les fiches de la CNIL consultées le 25 octobre 2026 ne fixent de plage horaire pour les SMS. En l’absence de règle écrite, alignez vos envois de prospection sur ces créneaux et réservez les soirs et week-ends aux messages de service attendus.

Sur l’expéditeur, l’article L34-5 impose de ne pas dissimuler l’identité de l’émetteur : un nom d’expéditeur lisible, celui de votre entreprise, et un numéro auquel le destinataire peut répondre en sont la traduction pratique. Enfin, les destinataires peuvent signaler les SMS indésirables ou frauduleux au 33700, par transfert du message, capture d’écran ou formulaire en ligne : un envoi mal ciblé peut vous valoir un signalement aux opérateurs, puis une plainte à la CNIL, qui veille au respect de l’article L34-5. Les arnaques par téléphone et par SMS qui visent les entreprises sont décrites dans notre article sur le vishing.

Mettre en place l’envoi de SMS depuis le standard

Première étape : classer chaque modèle de SMS dans l’une des trois catégories et faire relire les modèles de prospection par la personne en charge du RGPD. Deuxième étape : ajouter dans le CRM un champ de consentement à la prospection par SMS, distinct du consentement au courriel, avec la date et la source du recueil, et un champ d’opposition alimenté automatiquement par les réponses STOP. Troisième étape : rédiger des modèles courts qui commencent par le nom de l’entreprise, donnent l’information utile (date, heure, référence) et un moyen de réponse ; pour la prospection, terminer par la mention de désinscription. Quatrième étape : paramétrer les déclencheurs (rendez-vous à J-1, appel manqué, clôture de ticket) sans doublon pour un même événement. Cinquième étape : fixer et documenter une durée de conservation des numéros de prospects et des journaux d’envoi, puis tester chaque modèle sur vos propres téléphones.

Si le standard et le CRM sont deux outils séparés, l’automatisation passe par un connecteur ; notre page CRM et outils métiers décrit ce raccordement.

Questions fréquentes

❓
Questions fréquentes
4 questions

Non. Un rappel de rendez-vous est un message transactionnel, nécessaire à l’exécution du service demandé ; sa base légale est le contrat. Mais dès qu’il contient une offre, il bascule dans la prospection et le consentement préalable du particulier redevient nécessaire.

L’identité de l’annonceur, un objet en rapport avec l’offre et un moyen simple de refuser les envois suivants, en pratique la réponse STOP. Il ne peut être envoyé à un particulier qu’avec son consentement préalable, sauf s’il est déjà client et que l’offre porte sur des produits ou services similaires.

Les textes consultés le 25 octobre 2026 (article L34-5 du CPCE, fiches CNIL) ne fixent pas de plage horaire pour les SMS ; le décret du 23 juillet 2026 qui impose des créneaux en semaine vise les appels téléphoniques vers les consommateurs.

C’est le dispositif de signalement des SMS et appels indésirables ou frauduleux. Le destinataire transfère le message au 33700, envoie une capture d’écran ou remplit un formulaire en ligne ; les signalements sont transmis aux opérateurs.

Sources

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