Choisir son prestataire d’infogérance : 10 critères pour ne pas se tromper
Pour choisir son prestataire d’infogérance, regardez d’abord ce qui sera écrit dans le contrat : délais d’intervention chiffrés, niveaux de service mesurés, conditions de sortie, sécurité de ses propres accès. Le discours commercial vient après. Un prestataire qui administre votre parc dispose des clés de toute l’entreprise, et l’attaque de l’outil Kaseya VSA en juillet 2021 l’a rappelé : en passant par une soixantaine de prestataires infogérés, le groupe REvil a touché près de 1 500 entreprises clientes. Voici les dix critères qui permettent de comparer des offres sur des bases solides.
Sommaire
Critères 1 à 3 : la qualité de service promise
1. La proximité, quand elle compte vraiment
L’essentiel de l’infogérance se fait à distance. Mais une baie qui ne redémarre plus, un câblage à reprendre ou un poste à remplacer demandent quelqu’un sur place. Demandez où sont basés les techniciens qui se déplaceront, et sous quel délai. Un prestataire à l’autre bout du pays peut convenir pour une petite structure entièrement dans le cloud, beaucoup moins pour une PME avec serveurs et équipements réseau sur site.
2. Des délais d’intervention écrits
Deux notions à ne pas confondre : la garantie de temps d’intervention (GTI), délai avant qu’un technicien prenne en charge l’incident, et la garantie de temps de rétablissement (GTR), délai avant que le service fonctionne à nouveau. Exigez-les par niveau de gravité (bloquant, majeur, mineur) et précisez les plages couvertes : heures ouvrées seulement, ou aussi soirs et week-ends.
3. Des niveaux de service mesurés et rapportés
Un engagement de disponibilité de 99,9 % autorise encore environ 8 h 45 d’interruption par an, soit 43 minutes par mois. Ce chiffre n’a de valeur que s’il est mesuré par un outil, communiqué dans un rapport mensuel et assorti de pénalités. Notre article sur la signification d’un SLA à 99,9 % détaille ces calculs.
Critères 4 et 5 : sécurité et certifications
4. La sécurité de ses propres accès
Le prestataire est un point d’entrée privilégié vers votre système d’information. Posez des questions précises : ses techniciens utilisent-ils une authentification multifacteur pour se connecter chez vous ? Les accès sont-ils nominatifs et journalisés ? Ses outils de prise en main à distance sont-ils à jour et cloisonnés par client ? Que se passe-t-il le jour où un technicien quitte la société ? Un prestataire sérieux répond sans hésiter et accepte de le mettre par écrit.
5. Des labels et certifications vérifiables
Pour une PME, le label ExpertCyber, créé par Cybermalveillance.gouv.fr avec l’appui de l’AFNOR, reconnaît l’expertise des prestataires en sécurisation, maintenance et assistance. Il est attribué pour deux ans après audit. Les structures plus grandes peuvent viser l’ISO 27001, et l’hébergement de données de santé impose la certification HDS. Dans tous les cas, demandez le certificat et vérifiez son périmètre : une certification qui couvre uniquement le datacenter ne dit rien du support.
Point clé : la sécurité de votre prestataire fait partie de la vôtre. Les entités soumises à NIS2 devront maîtriser leur chaîne d’approvisionnement, et la loi Résilience qui la transpose, adoptée par le Sénat en mars 2025, attend toujours son examen à l’Assemblée nationale : prévu début octobre 2026, il a été retiré de l’ordre du jour le 6 octobre. Même si vous n’êtes pas assujetti, vos grands clients le seront et vous interrogeront sur vos sous-traitants.
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Découvrir l’infogéranceCritères 6 et 7 : réversibilité et transparence tarifaire
6. Une réversibilité prévue dès la signature
Le moment où vous quittez un prestataire est celui où vous avez le moins de pouvoir de négociation. La réversibilité doit donc être décrite dans le contrat initial : documentation remise, mots de passe et comptes administrateurs transférés, export des données dans un format standard, durée de l’accompagnement et coût. Pour la partie hébergement cloud, le règlement européen sur les données (Data Act) impose depuis le 12 septembre 2025 un préavis de changement de fournisseur de deux mois au maximum et prévoit la suppression totale des frais de changement au 12 janvier 2027. Nous détaillons ces clauses dans notre guide du contrat d’infogérance.
7. Une tarification lisible
Les offres se présentent le plus souvent en forfait par poste, par utilisateur ou par serveur. L’important est la liste de ce qui est inclus et de ce qui ne l’est pas : déplacements, interventions hors heures ouvrées, projets (migration, nouveau site), licences, matériel. Demandez un exemple de facture annuelle complète pour une entreprise de votre taille. Pour situer les montants, consultez notre article sur le coût de l’infogérance en 2026.
Critères 8 à 10 : références, outils et interlocuteur
8. Des références comparables
Demandez deux ou trois clients de taille et de secteur proches, et appelez-les. Trois questions suffisent : combien de temps pour résoudre un vrai incident ? Le prestataire alerte-t-il avant que vous ne constatiez le problème ? Les factures correspondent-elles au devis ?
9. Des outils de supervision et de suivi partagés
Un prestataire proactif supervise vos serveurs, vos sauvegardes et votre réseau en continu, et intervient avant la panne. Vérifiez que vous aurez accès au portail de tickets, aux rapports de sauvegarde et à l’inventaire de votre parc. Ces informations vous appartiennent.
10. Un interlocuteur qui connaît votre système
Un référent nommé, qui connaît votre organisation, fait gagner un temps considérable. Demandez aussi comment la connaissance est partagée dans l’équipe du prestataire : si une seule personne connaît votre installation, vous avez simplement déplacé le risque de chez vous à chez lui.
La grille pour comparer les offres
Pour comparer deux ou trois propositions, notez chaque critère de 1 à 5 et pondérez selon vos priorités. Une entreprise dont l’activité s’arrête sans informatique donnera plus de poids aux délais et à la sécurité ; une petite structure dans le cloud regardera davantage le prix et la réversibilité.
| Critère | Question à poser | Signal d’alerte |
|---|---|---|
| Délais | Quels GTI et GTR par niveau de gravité ? | « Au plus vite », sans chiffre |
| SLA | Comment est-il mesuré et rapporté ? | Aucune pénalité prévue |
| Sécurité | MFA et journalisation de vos accès ? | Compte administrateur partagé |
| Réversibilité | Que recevrai-je en partant, et en combien de temps ? | Clause absente ou « à définir » |
| Prix | Qu’est-ce qui est facturé en plus du forfait ? | Pas d’exemple de facture annuelle |
| Références | Puis-je appeler deux clients ? | Refus ou références invérifiables |
Si vous découvrez le sujet, commencez par notre définition de l’infogérance et de ses services. Avant de comparer, assurez-vous aussi que l’externalisation est le bon modèle pour vous : notre article infogérance ou DSI interne aide à trancher selon la taille et les besoins de l’entreprise.
Comparez notre offre avec ces dix critères
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