Infogérance ou DSI interne : quel modèle pour une PME de 20 à 100 salariés ?
Entre infogérance ou DSI interne, une PME de 20 à 100 salariés n’a en général pas à choisir l’un contre l’autre : en dessous de 50 salariés, l’infogérance seule est souvent la solution la plus solide, et au-delà, le modèle hybride (un référent interne plus un infogérant) s’impose fréquemment. La raison tient en deux chiffres : un administrateur systèmes et réseaux coûte autour de 61 000 € par an chargé, sur la base d’un salaire médian de 44 000 € brut relevé en 2026, et il ne peut ni être présent toute l’année, ni maîtriser seul la sécurité, le réseau, le cloud et la téléphonie. Voici comment faire le calcul pour votre entreprise.
Sommaire
Combien coûte vraiment un informaticien interne ?
D’après l’Encyclo des salaires du Journal du Net, qui reprend les données 2026 des cabinets de recrutement, le salaire médian d’un administrateur systèmes et réseaux s’établit autour de 44 000 € brut par an, dans une fourchette d’environ 28 000 à 60 000 € selon l’expérience et la région. Un technicien support se situe plutôt entre 34 000 et 39 000 € brut médian selon la spécialité, Michael Page, Hays et Glassdoor donnant des chiffres un peu différents.
Ce salaire n’est pas le coût. Il faut ajouter les cotisations patronales. Selon le simulateur de l’Urssaf, en CDI à temps plein et hors convention collective particulière, 44 000 € brut représentent environ 60 800 € de coût employeur annuel, et 33 600 € brut environ 44 000 €. Viennent ensuite des frais que l’on oublie souvent :
- le recrutement, long sur ces profils, et la période d’intégration ;
- la formation continue, indispensable dans un métier où les outils changent chaque année ;
- les outils professionnels : supervision, ticketing, prise en main à distance, gestion des sauvegardes, que l’infogérant mutualise entre ses clients ;
- le poste de travail et le temps d’encadrement par un dirigeant qui, souvent, ne peut pas juger du travail technique.
Nous avons détaillé ce calcul dans notre guide externaliser ou embaucher un informaticien. Pour comparer, les forfaits d’infogérance sont présentés dans notre article sur le coût de l’infogérance en 2026.
Congés, départ, astreinte : la question de la continuité
Un salarié à temps plein bénéficie de cinq semaines de congés payés par an (2,5 jours ouvrables par mois selon le Code du travail), auxquelles s’ajoutent les arrêts maladie et les jours de formation. Pendant ces périodes, qui gère la panne du serveur ou le poste du dirigeant qui ne démarre plus ? Et la nuit, ou le week-end, si une alerte de sécurité tombe ?
Le risque le plus lourd reste le départ. Un informaticien unique concentre souvent toute la connaissance du système : mots de passe, configurations, scripts maison. S’il quitte l’entreprise avec un préavis court, ou dans un mauvais climat, la reprise peut prendre des semaines. Ce risque se réduit avec une documentation à jour et un coffre-fort de mots de passe partagé, deux exigences à poser que vous ayez un salarié ou un prestataire. Notre article sur le helpdesk interne et l’outil de ticketing montre aussi comment garder une trace de chaque intervention.
Un infogérant répond structurellement à ce problème : une équipe se relaie, la connaissance de votre système est partagée et documentée, et des plages étendues ou une astreinte peuvent être prévues au contrat.
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Découvrir l’infogéranceUn seul profil peut-il tout couvrir ?
Dans une PME de 50 personnes, l’informatique recouvre au moins six domaines : support aux utilisateurs, postes et serveurs, réseau et Wi-Fi, messagerie et outils cloud, téléphonie, et surtout cybersécurité. Il faut y ajouter des projets ponctuels : migration de serveur, déménagement, nouveau logiciel métier, mise en conformité.
Un généraliste compétent tient le quotidien. Il est plus rare qu’il soit aussi à jour sur la détection des intrusions, la sécurisation de la messagerie ou la configuration d’un pare-feu. C’est précisément là que les attaques réussissent. Un infogérant dispose de profils spécialisés qu’aucune PME de cette taille ne peut s’offrir à temps plein.
Point clé : la vraie question n’est pas « salarié ou prestataire », mais « qui pilote, et qui exécute ». Une PME a toujours besoin d’une personne en interne qui connaît ses priorités. L’exécution technique, elle, peut être partagée ou confiée entièrement.
Le modèle hybride, souvent le meilleur compromis
Entre le tout-interne et le tout-externe, plusieurs organisations fonctionnent bien.
| Modèle | Pour qui | Avantages | Limites |
|---|---|---|---|
| Infogérance complète avec un référent non technique | 20 à 50 salariés | Continuité, compétences variées, budget prévisible | Moins de présence physique au quotidien |
| Technicien interne et infogérant en appui | 50 à 100 salariés | Proximité avec les utilisateurs, expertise et supervision externes | Répartition des rôles à bien écrire |
| Responsable informatique interne et infogérance de l’exploitation | 80 salariés et plus, ou SI critique | Pilotage stratégique interne, exécution industrialisée | Coût le plus élevé |
Dans le modèle hybride, le salarié interne gère les utilisateurs, les achats et les priorités, tandis que l’infogérant prend en charge la supervision, les sauvegardes, la sécurité, l’astreinte et les remplacements pendant les congés. La répartition doit figurer dans le contrat d’infogérance, pour éviter les zones grises où chacun pense que l’autre s’en occupe.
Les critères pour décider
Posez-vous ces cinq questions, dans cet ordre.
- Combien coûte une journée d’arrêt informatique pour votre activité ? Plus elle coûte cher, plus la continuité et la supervision comptent.
- Avez-vous besoin de quelqu’un sur place chaque jour, par exemple en atelier, en magasin ou avec beaucoup de matériel spécifique ?
- Vos clients ou votre secteur imposent-ils des exigences de sécurité (données de santé, NIS2 par la chaîne d’approvisionnement, cahiers des charges de grands comptes) ?
- Qui, chez vous, saura piloter un salarié technique ou un prestataire, et juger la qualité du travail ?
- Quels projets arrivent dans les deux ans : migration, ouverture d’un site, changement de logiciel métier ?
Si vous penchez pour l’externalisation, nos dix critères pour choisir un prestataire d’infogérance vous aideront à comparer les offres.
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