VMware après le rachat par Broadcom : faut-il migrer vers Proxmox ?
VMware après le rachat par Broadcom : faut-il migrer vers Proxmox ?
Pour une PME qui fait tourner quelques serveurs sous vSphere, étudier sérieusement l’option de migrer vers Proxmox est devenu raisonnable. Depuis le 11 décembre 2023, Broadcom ne vend plus de licences perpétuelles VMware, uniquement des abonnements groupés facturés au cœur, avec 16 cœurs minimum par processeur. Proxmox VE, open source, couvre aujourd’hui l’essentiel des besoins courants. La migration n’est pas pour autant automatique : tout dépend de vos contraintes d’éditeurs, de vos compétences internes et de votre date de renouvellement.
Sommaire
Qu’est-ce qui a changé chez VMware depuis le rachat ?
Broadcom a finalisé le rachat de VMware le 22 novembre 2023. Trois semaines plus tard, l’éditeur annonçait l’arrêt des licences perpétuelles et la réorganisation du catalogue autour de quelques offres groupées, principalement VMware Cloud Foundation (VCF) et vSphere Foundation (VVF). Concrètement, pour une PME, cela signifie :
- Un abonnement obligatoire pour obtenir support et mises à jour, avec des engagements pluriannuels.
- Une facturation au cœur physique, avec un plancher de 16 cœurs par processeur : un serveur doté d’un processeur 8 cœurs est facturé comme s’il en avait 16.
- Des produits regroupés : on paie souvent des briques (réseau, stockage distribué) dont on n’a pas l’usage.
L’ampleur des hausses varie énormément selon les contrats, et les chiffres qui circulent sont à manier avec prudence. Le CISPE, qui fédère des hébergeurs cloud européens, a déposé le 19 mars 2026 une plainte auprès de la direction générale de la concurrence de la Commission européenne. Il y évoque des augmentations cumulées de plus de 1 000 % pour certains de ses membres et dénonce la fin, annoncée en janvier 2026, du programme qui permettait à la plupart des hébergeurs européens de revendre VMware. Ce dernier point touche aussi les PME qui louent des serveurs virtuels VMware chez un petit hébergeur : leur offre peut disparaître ou changer de prix.
Point clé : la vraie échéance n’est pas technique mais contractuelle. Repérez la date de fin de votre support VMware actuel : c’est elle qui fixe le calendrier. Une migration vers Proxmox se prépare en plusieurs mois, et la commencer trois semaines avant le renouvellement oblige souvent à resigner pour plusieurs années.
Proxmox VE, de quoi parle-t-on ?
Proxmox Virtual Environment est une plateforme de virtualisation open source, éditée par la société autrichienne Proxmox Server Solutions. Elle s’appuie sur Debian, l’hyperviseur KVM pour les machines virtuelles et LXC pour les conteneurs, et s’administre depuis une interface web. La version 9.2, publiée le 21 mai 2026, repose sur Debian 13.5 et ajoute un répartiteur de charge dynamique qui déplace automatiquement les machines virtuelles entre les nœuds, l’équivalent fonctionnel le plus proche du DRS de VMware.
Le logiciel est utilisable sans payer. L’abonnement, facturé par processeur physique et par an, donne accès au dépôt de mises à jour « entreprise », plus stabilisé, et à un support éditeur. Selon la grille publique de Proxmox, il va de 120 € (Community, sans tickets de support) à 370 € (Basic), 550 € (Standard) et 1 100 € (Premium) par socket. Toutes les fonctions, haute disponibilité et cluster compris, sont incluses quel que soit le niveau.
Autour de l’hyperviseur, l’écosystème s’est étoffé : Proxmox Backup Server pour la sauvegarde dédupliquée, Proxmox Datacenter Manager (version 1.0 publiée en décembre 2025) pour piloter plusieurs clusters, et la prise en charge native par Veeam Backup & Replication depuis sa version 12.2 d’août 2024.
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Demander l’audit cloudvSphere ou Proxmox : la comparaison honnête
| Critère | VMware vSphere / VCF | Proxmox VE |
|---|---|---|
| Modèle de licence | Abonnement au cœur, offres groupées | Open source, abonnement de support optionnel par socket |
| Haute disponibilité, migration à chaud | Oui, très mature | Oui, inclus |
| Répartition automatique de charge | DRS | Répartiteur dynamique depuis la 9.2 |
| Stockage distribué | vSAN | Ceph intégré, ZFS en local |
| Réseau virtuel avancé | NSX | SDN intégré (VLAN, VXLAN, EVPN) |
| Sauvegarde | Très large choix d’outils tiers | Proxmox Backup Server, Veeam, d’autres en progression |
| Écosystème éditeurs | Référence historique, nombreuses certifications | Plus restreint, à vérifier au cas par cas |
| Compétences requises | Courantes sur le marché | Bases Linux indispensables |
Pour un parc de deux à cinq hôtes hébergeant annuaire, fichiers, messagerie interne et applications de gestion, Proxmox fait le travail sans compromis visible pour les utilisateurs. Les limites se situent ailleurs :
- Les appliances d’éditeurs : certains logiciels (téléphonie, sécurité, imagerie, ERP) ne sont certifiés que sur VMware ou Hyper-V. Un support refusé « parce que l’hyperviseur n’est pas validé » est un vrai risque.
- Les compétences : l’administration quotidienne passe par l’interface web, mais un incident de stockage ou de réseau se règle en ligne de commande Linux.
- Les très grands environnements fortement automatisés autour des outils VMware demandent un travail de réécriture conséquent.
Proxmox n’est pas la seule sortie. Hyper-V reste pertinent pour un parc presque entièrement Windows, d’autant que la licence Windows Server Datacenter couvre un nombre illimité de machines virtuelles Windows sur l’hôte. L’hébergement des machines chez un prestataire français est une autre voie, que nous comparons dans notre article sur la virtualisation de serveurs. Si le sujet vous paraît encore abstrait, commencez par la virtualisation expliquée simplement.
Comment migrer sans interrompre l’activité
- Inventorier chaque machine virtuelle : système, rôle, dépendances, fenêtre d’arrêt tolérée, contraintes de l’éditeur.
- Construire un environnement cible sur un ou deux hôtes, avec stockage et sauvegarde opérationnels avant toute bascule.
- Utiliser l’assistant d’import intégré depuis Proxmox VE 8.2 : il se connecte à un hôte ESXi (versions 6.5 à 8) ou à un vCenter et récupère les machines. L’import « à chaud » démarre la VM côté Proxmox pendant que ses disques se copient en arrière-plan. Les disques stockés sur vSAN ne s’importent pas directement, et les snapshots ralentissent fortement l’opération : supprimez-les avant.
- Adapter les machines Windows : installation des pilotes VirtIO, vérification de la carte réseau et de l’activation de la licence, qui peut se redemander après changement de matériel virtuel.
- Basculer par lots, des serveurs les moins critiques aux plus sensibles, avec un retour arrière possible tant que l’ancienne VM n’est pas supprimée.
- Tester une restauration complète depuis la nouvelle sauvegarde avant de décommissionner l’ancien cluster.
Le principe reste celui de toute migration de serveur sans interruption : préparer longuement, basculer vite, garder une porte de sortie. Et ne pas oublier la stratégie de sauvegarde 3-2-1, qui doit être revue dès le premier jour sur la nouvelle plateforme.
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